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La guerre des boutons

Hey hey, ma passion inavouée : les boutons. J’adore les boutons, il y en a de toutes sortes mais aussi de véritables oeuvres d’art.
Il va exister à mes yeux trois catégories de boutons : les boutons liés aux aristocrates, les boutons militaires, et les boutons civils.

Les boutons liés à l’aristocraties.

On appel cela les boutons de livrée. La livrée est l’habit des domestiques, il était paré de boutons aux armoiries des familles. Cela a duré jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, voire au début du XIXe siècle.
La bourgeoisie et le monde industriel tiennent un rôle de premier plan. Partout des châteaux se construisent. Les propriétaires fonciers font vivre bon nombre de personnes, employant gardes-chasses, bûcherons et charbonniers dans les bois, tâcherons, vachers et bergers dans les prés, jardiniers, piqueux et palefreniers dans les communs, cuisinières, femmes de chambre, maîtres d’hôtel… Des milliers de boutons ont alors été commandés d’autant plus qu’un mariage, un deuil ou un changement de titre était l’occasion d’en faire frapper un nouveau.
Les boutons arborent les armoiries des familles ou simplement une couronne. Chaque couronne a une signification ; marquis, comte…
 
Bouton de Marquis
 
Bouton de Comte
Ci dessus, les boutons sont ornés de 2 armoiries, ce qui signifie qu’ils ont été fait suite à l’union de deux familles.
 
Bouton de livrée comtale
 
Bouton de livrée de Marquis
NB : Quand les familles commencent à vendre leurs boutons de livrée, c’est qu’ils ont des soucis d’argent.

Les boutons militaires

On va trouver deux grandes famille de boutons militaires. Les boutons des armées sous monarchie et ceux sous le couvert d’une république (ou dictature, mais c’est presque pareil).
Dans les boutons sous couvert d’une monarchie (roi, empereur ou autre), on retrouvera surtout une couronne. La couronne change néanmoins dans certains pays, s’ils s’agit d’un Roi ou d’une Reine au pouvoir (cf. Lorsque le père de la Reine Elisabeth décède et que cette dernière passe au pouvoir, les boutons militaires ont été changés pour y placer la couronne plus bombée des reines).
 
 
 

Les boutons civils :

En ce qui concerne les boutons civils, que se soit niveau utilisation et matières, ils ont énormément évolué au cours des siècles.
Manches, cols, chaussures, chemises, vestes… accessoires de mercerie ou de véritables bijoux.
Pré-Moyen-Age :
On retrouve des matières variées comme des boutons en pierre, en céramique, en jade, en jais, en os, en bois, en coquille, en silex, en corne de renne ou de cerf, en ivoire, en bronze, en argent et en or.
Ils sont utilisés à des fins pratiques ou ornementales. Les boutons en or ou en verre étaient réservés aux rois et reines.
Boutons à tête d’Athéna trouvés dans une tombe d’enfant à Érétrie, Grèce, 300-250 av. J.-C. Antiquités grecques, Musée du Louvre, Paris

Moyen Age :

Pour cette période des plus longue, on retrouve les matériaux qui suit dans tout un éventail d’objet (bijoux, boucles, épingles, éléments de fermetures) :
Or, Argent, nacre, cristal de roche, pierres colorées, fer, cuivre ou encore étain.
 
Pourpoint de Charles de Blois, vers 1360-1370, Le vêtement est si ajusté au corps que l’ouverture, devenue nécessaire, est assurée par 32 boutons sur le devant (dont 15 bombés, les autres plats) et 20 le long des manches dites « à grandes assiettes ». – Musée historique des Tissus, Lyon sur Base Joconde
 
Croisades :
Il y eu un moment où les boutons n’ont pas fait bon effet. Bien que permettant d’ajuster au maximum les vêtements sans passer par le lassage quotidien des vêtements, l’église, quant à elle trouva indescent cette technique, puisqu’elle laisser entrevoir des parties des sous-vêtements, voir de la chair.

 

XIIIe siècle :

Au treizième siècle les compétences des artisanats étaient fixées par le roi Louis Saint:
– la corne, l’os et l’ivoire étaient réservés aux fabricants de chapelets.
– les fabricants de boutons obtenaient les droits sur le cuivre, le laiton et les matériaux simples comme l’os et la corne.
– les orfèvres obtenaient les métaux précieux et le verre.
Cette loi étaient justifiée par le fait que Plusieurs artisans étaient capables de fabriquer des boutons: les orfèvres, les émailleurs, les artisans du cuivre, de jouets et les manipulateurs de bois. Egalement les fabricants de chapelets se risquaient à la fabrication de boutons bon marché en matériaux simples tels que l’os et la corne.

La renaissance :

Pendant la Renaissance et au début du XVIe siècle, des boutons incrustés de petites pierres décoraient les chapeaux, les corsages, les manches et les manteaux des dames et des messieurs aisés. Il s’agissait ici de petits boutons avec un fond en or ou en argent. Ils étaient ouvragés ingénieusement, souvent émaillés et fournis de perles, de diamants, de rubis, de grenats, d’émeraudes ou de cristal de roche.
La basse classe devait se contenter de boutons en os, en bois, en étain, en cuivre, en bronze, en cuir, en étoffe et éventuellement en verre.
Aves les débuts de l’industrialisation (l’imprimerie par exemple), il va bientôt devenir possible de manufacturer et de vendre à grande échelle des boutons bon-marché.
Au XVIIe siècle les boutons fixés aux manteaux des messieurs étaient habituellement petits et nombreux et donc aussi décoratifs que fonctionnels. Uniquement pour les hommes. Ces boutons étaient employés afin de fermer les vêtements de la manière que nous connaissons encore maintenant. Les femmes fermaient leurs vêtements avec des lacets, des rubans et de petits crochets. On voit aussi a ce moment le retour des boutons émaillés.
Les boutons sont alors fixés à l’aide d’agrafes et non cousus sur un vêtement spécifique, ce qui permet leur utilisation sur différentes toilettes.
 
 
 

L’orient et l’occident :

En 1854 les ports japonais s’ouvrent au commerce et on connaitra dans les années suivantes une véritable influence japonaises :
  • Satsuma : du porcelain avec un craquelé émaillé très spécial et avec de petits grains en or
  • Peinture laquée japonaise ou chinoise: une résine naturelle qui avait du succès
  • Importation du rouge vermillion
  • De l’argent, de l’émail incrusté avec du nacre aux dessins orientaux. Cette influence durera jusque dans les années 60.
Dans cette même période, on verra apparaître les boutons décoratifs à l’effigie d’opéra ou de personnages de contes ou de fables.

L’art nouveau et l’art déco :

Egalement pour les boutons datant de la période de l’Art Nouveau (1890-1920) on emploie non pas seulement de la corne, de la tortue, de l’émail et du verre mais aussi très fréquemment de l’argent contrairement à la période de l’Art Déco (1910-1949) où l’on utilise plus souvent du verre, de la matière synthétique et du métal poli.
L’année 1918 signifie pour les collectionneurs de boutons la limite entre les boutons anciens et modernes.

Les boutons dis « modernes » :

Concernant les boutons modernes on peut mentionner la parution des petits boutons de chemise que nous connaissons encore aujourd’hui.
Quelques styles éphémères :
– 1940 : verre transparent
 
– 1920-1939 imitation en bois (Burwood en Syroco)
 
– 1940-1950 : bakélite en couleurs
– après la seconde guerre mondiale : verre coloré
– les années soixante : métal combiné avec matière synthétique
 
Le Celluloïd, inventé vers la fin du XIX e siècle, est considéré comme la première matière plastique ayant été utilisée dans la fabrication des boutons. On la dit  » semi-synthétique » car contenant du camphre.
A ses début, le Celluloïd servait fréquemment de fond aux décors de boutons métalliques mais devint rapidement un matériau très prisé car capable d’imiter l’aspect de nombreuses matières, tout particulièrement l’ivoire. J’ai ainsi souvent été  » bluffée  » au premier regard jeté sur un bouton de Celluloïd !! Mais le poids très léger de ces boutons et le bruit creux qu’ils produisent quand on les tapote (feuille de Celluloïd) est un indice de reconnaissance. De très nombreux fabriquant opteront pour cette matière « trompe-l’œil » jusqu’aux années 40 . Malheureusement très inflammable, le Celluloïd finit par représenter un réel danger pour ceux qui en portaient et l’on cessa donc de l’utiliser après la fin de la seconde guerre mondiale au profit de plastiques plus élaborés tels que la Bakélite ou la galalithe.
 
Quelques sites à visiter :
 
Lien important – identifier la matière utilisée :
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