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Au fil du cheveu… pardon du temps ! Non, le temps au fil des cheveux !

Le lavage de la chevelure remonte à loin, très loin, jusque dans l’antiquité.
On sait, par le biais de recherches archéologiques et certains textes, que les soins des cheveux existaient, par le biais de produits naturels absorbant, tels que la farine ou l’argile. Des plantes chargées en “saponine” aux propriétés légèrement moussantes ou des produits dégraissants, voir acide tels que le citron ou le vinaigre.
  • Egypte antique : vinaigre ou jus de citron mélangés à de l’eau.
  • Afrique du Nord, Yémen : rhassoul (argile savonneuse), sidr (jujube séchée et broyée)
  • Gaule : eau de chaux, sapô (ancêtre du savon), résultant du mélange de cendres de bois et de graisses animales, employé pour nettoyer et éclaircir les cheveux.
  • Europe (Moyen-Age et siècles suivants) : vinaigre, savon, lotions alcoolisées, œuf, décoctions de plantes (dont la saponaire, autochtone, et le bois de panama, importé d’Amérique), poudres pour lavage à sec (argile, farines, plantes en poudre : ortie, sauge, lycopode).
  • Amériques : yucca (suc des racines), bois de panama (écorce)
  • Inde : noix de savon, shikakai et autres plantes ayurvédiques, farine de pois chiche
Source des dates : féminabio
 
Après, cela a tendance à se dégrader. Autant l’hygiène durant l’antiquité était novateur mais répandu, autant par la suite, notre civilisation a fuit l’eau, vecteur de maladies et d’insalubrité. On abandonne les bains pour mettre de la poudre (au mercure, soit dit en passant) et se parfumer. Les couloirs de château servaient à faire ses besoins. Quant aux cheveux, jamais lavés, voir coupés court afin d’éviter aux maximums les poux, le tout caché sous des perruques blanchies. Bref, un désastre capillaire. On a mit du temps avant de s’y remettre. Il faut dire que les perruques font places aux postiches mais que l’hygiène capillaire n’est nécessaire que 1 fois par an (d’après certains témoignages). Ne jamais les laver pendant les règles et jamais pendant l’hiver, voici ce qu’étaient les consignes. Idéal lorsque nous avions des cheveux d’1 mètre de longs coupés une fois l’an pendant la lune croissante. C’est le brossage qui permettait un « nettoyage » de la chevelure. Peigne dégraissant ou brosse pour retirer la poussière. En fait, la mode était aux cheveux gras. On apprend même que certaines se graissaient les cheveux à l’huile ou à la moelle de bœuf.
 
Bien que le mot shampooing fait son apparition fin dix sept cent, grâce aux anglais, cela n’est pas bien démocratisé en Europe. Faut dire que le mot shampooing, provient en fait d’un dérivé d’un mot Indien désignant une fleur, dont l’huile était extraite pour prendre soins des cheveux des indiennes et les faire briller. L’évolution du mot « Champna » va donner naissance au mot « shampoo ». Ce dernier voulant dire « Masser ».
« Le terme et le service ont été présentés par un certain Sake Dean Mahomed, né à Patna en Inde. Il ouvrit à Brighton en 1814 un bain shampooinant sous le nom de Bains de Vapeur indiens de Mahomed. Ses bains ressemblaient à des bains turcs où les clients recevaient un traitement indien de champi, c’est-à-dire de shampooing, ou des massages thérapeutiques. Son service fut apprécié ; il reçut cette haute distinction d’être fait Chirurgien Shampouineur de George IV. » Source : wikipedia
Au départ, les coiffeurs anglais fabriquaient leur shampooing à base d’eau bouillie et de paillettes de savon. Le tout rehaussé de plantes aux propriétés variées. Le premier shampooing commercialisé connu était à base de savon noir et de cristaux de soude. Résultat facheux : cheveux poisseux et emmêlés. Dans les années 30, la formule change et se raproche de la formule connue. Il se compose de produits dits synthétiques qui laisserons le cheveux propre et soyeux. A noter que la première formule de shampooing est très proche de la recette de la lessive.
  • 1927 : en Allemagne, Hans Schwarzkopf lance le premier shampooing liquide distribué principalement auprès des coiffeurs. Mais il est plus proche du shampoo du XIXème que des shampooings modernes.
  • 1931 : en France, Eugène Shueller, fondateur de L’Oréal, crée le premier shampooing à base de détergeant synthétique (syndet).
  • 1934 : L’Oréal commercialise à grande échelle ce fameux premier shampooing moderne de grande consommation, à savoir le berlingot DOP.
Source des dates : féminabio
 
Non pas encore démocratisé, on apprend tout de même que les fréquences des shampooings a tout de même évolué. On est passé d’une fois par ans à 2 fois par mois. Bien évidemment, on en trouve pas en supermarché puisque ceux ci n’existent pas encore. Les options envisagées : pharmacie ou bouilli de savon et eau. J’ai lu un témoignage bref d’une grand mère, dans les années 40, dont le fils était prisonnier de guerre mais dont la future belle-fille (oui, fiancée mais pas encore mariée) passé la voir et lui proposer de se laver, voir de se laver les cheveux. Elle estimait que les cheveux ça ne se laver pas !
 
L’après-guerre fait naitre plein de choses : d’abord les publicités puis un jour arrive les supermarchés et avec eux les produits innovants comme l’après shampooing ! démêlant et sentant bon (cela changeait des ampoules vendues en pharmacie réputées pour être malodorantes). Aujourd’hui, on a tout, huile avant-shampooing, shampooing, après shampooing, soins, soins démêlants… le tout plein de produits chimiques qui ont commencé a faire scandale. Sylicone, en autres. Mais pour certain/certaines, la guerre est déclaré, haltes aux produits chimiques, on revient au naturel !
 
 
Le début du zéro déchet, qui s’est vu faire boom depuis le livre de Béa Johnson ou la famille presque zéro déchets, a vu fleurir des ovnis : les shampooing solides. Sous forme de savon, facilement transportable et à la durée de vie multipliée par trois comparé à un shampooing de supermarché. Aux produits naturels voir même fabrication maison simple possible (plein de tuto sur youtube. Si, si, j’vous jure). Ces shampooing-savons reprennent les bases de l’antiquité avec les améliorations ; des démêlant et soins après-shampooing contemporains sans la chimie extrême  de plus en plus nocifs (voir pampers notamment, le plastique au micro-onde…).
 
Autre vague qu’à suscité le zero déchets et le retour au naturel : le NO-POO. Le principe : espacer le lavage des cheveux et prendre des produits moins agressifs pour le cuir chevelu. Pour commencer, ne plus prendre de shampooing, mais l’après-shampooing. Après il existe d’autres méthodes, des masques, non moussants, à base d’argile ou de poudre d’orties… Un procédé à étudier.
 
Les soins capillaires n’ont qu’à bien se tenir, ils ont évolué siècles après siècles, toujours avec la même base, mais le meilleur reste le naturel. Personnellement, j’ai été conquise il y a peu par les shampooings solide, grâce à Jessica Joseph, de Leçon de rétro. C’est idéal et pratique pour les voyages et un retour au source. Plus qu’à tester les anciennes méthodes afin de voir leur efficacité.

J’ai posé la question à mes grands-mères :
J’ai profité des fêtes de noël pour demander à mes grands mère avec quoi elles se lavaient les cheveux et à quelle fréquence pendant la guerre. Née en 1931 et mon autre grand mère née en 1936, elles ont toute deux eu la même réponse : le savon de Marseille ! (à l’époque, plus de 80% d’huile végétale dedans).
Et pour fréquence : 2 fois par semaine maximum.
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2 réflexions au sujet de « Au fil du cheveu… pardon du temps ! Non, le temps au fil des cheveux ! »

  1. Le savon de Marseille ça rends les cheveux plutôt rèche. C’est ce que conseillait une grand mère faisant partie d’un groupe folklorique en Anjou : la coiffe traditionnelle étant juste posée sur un bonnet noir, lui même posé sur la tête, avoir des cheveux « rèches » favorisait la tenue de l’ensemble.

    1. J’ai pu également faire le test du shampooing au savon de marseille, et oui, très rèche et difficile à démeler. Un bon volume par contre. Je comprends bien pourquoi cette grand-mère l’a conseillé. C’est un superbe témoignage.
      Merci beaucoup pour cette contribution. Si vous avez d’autres anecdotes de ce type, n’hésitez pas à les partager.

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